Augustin Macheret, originaire de Rueyres-Saint-Laurent (aujourd’hui Le Glèbe), dans le district de la Sarine, naît le 19 août 1938 à Vuippens, en Gruyère, où son père Henri est instituteur. Catholique. Sa mère Marie-Madeleine, née Menoud, est femme au foyer. En 1964, il épouse Elisabeth, née Van Daele, de nationalité belge. Le couple aura deux enfants.

Augustin Macheret, ancien Conseiller d'Etat/alt Staatsrat, (1991-2006)
Augustin Macheret, ancien Conseiller d'Etat/alt Staatsrat, (1991-2006) © Tous droits réservés
Augustin Macheret, (1991-2006), démocrate-chrétien

Après son école primaire à Treyvaux, dans le district de la Sarine, il entre en 1950 à l’internat du Collège Saint-Charles de Romont, puis en 1954 au Collège Saint-Michel à Fribourg, où il obtient son baccalauréat latin-grec en 1958. Il s’inscrit à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Fribourg. En 1962, sa licence en droit en poche, il est engagé comme juriste auprès de l’Office fédéral des étrangers à Berne, tout en continuant ses études comme doctorant. Principal collaborateur scientifique auprès du Centre d’études juridiques européennes de l’Université de Genève, c’est là qu’en 1969 il achève sa thèse, publiée chez Georg, à Genève, sous le titre L’immigration en Suisse à l’heure de l’intégration européenne.

L’Université de Genève offrira au jeune chercheur la possibilité d’approfondir ses connaissances dans plusieurs hautes écoles étrangères.

Avocat dès 1968, il renonce néanmoins au barreau pour l’enseignement. Il est professeur assistant à l’Université de Genève et simultanément chargé de cours à celle de Fribourg en 1972. Il est nommé l’année suivante professeur ordinaire de droit public et de droit international public à Fribourg. Il enseigne simultanément à Genève comme professeur associé. A ce titre, il est mandaté dès 1974 par les autorités fédérales et la Constituante jurassienne comme expert chargé d’oeuvrer à la mise sur pied du futur canton du Jura.

Estimé de ses pairs, qui apprécient son entregent, son goût du consensus et son activité scientifique (il est l’auteur de très nombreuses publications), Augustin Macheret est élu recteur de l’Université en 1983, à l’âge de 45 ans. Il est le premier à exercer cette importante charge durant deux périodes, soit jusqu’en 1991. En 1989, il met sur pied la célébration du centenaire de l’Université, dont il entend accroître le rayonnement international. Il s’affirme aussi fervent défenseur du projet d’une « Università della Svizzera italiana ».

Répondant à l’invitation du parti démocrate-chrétien (PDC), Augustin Macheret pose sa candidature comme député au Grand Conseil aux élections cantonales de 1981. Elu, il y représente Sarine-Campagne. Il intervient au législatif dans les domaines de la formation, de la culture, de la santé et des institutions.

En 1991, Augustin Macheret brigue le Conseil d’Etat sur la liste PDC. Le 17 novembre, dans le ballottage général du premier tour, il arrive en troisième position sur 21 compétiteurs. Il est élu le 8 décembre suivant, au deuxième tour, avec 42% des suffrages. C’est au premier tour qu’en 1996 il sera réélu pour un second mandat, fort du soutien d’un large électorat.

Conformément à ses voeux, Augustin Macheret, succédant à Marius Cottier, reçoit la Direction de l’Instruction publique et des Affaires culturelles. Au sein du Gouvernement et du PDC, il occupe le centre-gauche, tout en avouant avoir « parfois quelque peine à être l’homme d’un parti ». Augustin Macheret préside le Gouvernement en 1994 et 1998. Parmi les réalisations majeures de sa Direction, on retient principalement la loi sur l’Université, votée à l’unanimité par le Grand Conseil en 1997, ainsi que l’extension de l’Ecole cantonale de degré diplôme (1998) et la réalisation du complexe universitaire du plateau de Pérolles (1999), l’une et l’autre acceptées par le peuple. Il s’investit également avec conviction dans la création (une première en Suisse) du Collège intercantonal de la Broye. Quant au projet pionnier et sensible pour promouvoir l’apprentissage de la langue partenaire, il est rejeté, mais de très peu – par 50,4% des votants – lors de la consultation populaire du 24 septembre 2000.

En tant que directeur de l’Instruction publique, Augustin Macheret préside, de 1994 à 1996, le Conseil supérieur de l’évaluation de l’Université et, de 1995 à 2000, la conférence universitaire suisse (CUS), dont il active la complète réorganisation. En outre, dix ans durant (1992–2001), il représente les cantons suisses auprès des instances de la francophonie et participe en cette qualité aux Sommets des chefs d’Etat. Il reçoit Fidel Castro, chef de l’Etat cubain, en visite privée en Suisse en 1998. En tant que directeur des Affaires culturelles, il lance en 1997 la Fondation Espace Jean Tinguely – Niki de Saint Phalle et le musée du même nom. En l’an 2000, il voit aboutir ses efforts en vue de la création du Musée archéologique de Vallon.

A la retraite fin 2001, Augustin Macheret oeuvre en divers domaines. Dès 2002, il préside à l’extension et au réaménagement du Vitromusée de Romont, Musée suisse du vitrail et des arts du verre. De 2003 à 2009, il préside la Fondation Robert A. Naef, liée au Département de physique de l’Université de Fribourg. Depuis 2005, il préside le conseil de la Fondation pour la conservation de la cathédrale Saint-Nicolas. De 2006 à 2009, il siège au Conseil d’administration de la Société de la Loterie Romande.

Extrait de : "Le Conseil d'Etat fribourgeois : 1848-2011"

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