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Louis Cardinaux, ancien Conseiller d'Etat/alt Statsrat, (1859–1914)
Louis Cardinaux, ancien Conseiller d'Etat/alt Statsrat, (1859–1914) © Tous droits réservés

Louis Cardinaux, ancien Conseiller d'Etat

Louis Cardinaux, ancien Conseiller d'Etat/alt Statsrat, (1859–1914)
Louis Cardinaux, ancien Conseiller d'Etat/alt Statsrat, (1859–1914) © Tous droits réservés

Né le 16 mai 1859 à Fribourg et décédé le 11 mai 1914 à Fribourg. Catholique, originaire de Châtel-Saint-Denis. Ses parents sont Vincent Cardinaux, avocat, président du Tribunal de la Sarine et député, et Anne Marie Burdel. Il épouse Marie Bourquenoud, fille de Jean, paysan bien établi à Vaulruz.

Louis Cardinaux (1859–1914), conservateur

Louis Cardinaux fréquente le Collège Saint-Michel et le Collège des Bénédictins de Sarnen (Obwald), avant d’entreprendre des études de droit à Fribourg (1879–1881). Il occupe ensuite les postes de secrétaire à la Direction de la Justice (1881–1885) et de greffier au Tribunal du Lac (1885–1890), avant d’être élu président du Tribunal de la Sarine (1890–1894). L’année 1890 marque également une étape dans sa carrière politique, puisqu’il est élu député de la Sarine au Grand Conseil (1890–1914) lors des élections partielles du 6 mars. L’année suivante, il est nommé juge suppléant au Tribunal cantonal.

Sa carrière politique se poursuit par son élection au Conseil d’Etat le 19 mai 1894, en remplacement d’Alfred Chassot, démissionnaire. Suite à une redistribution des Directions, Cardinaux se voit confier la Direction des Travaux publics, qu’il dirigera pendant vingt ans (1894–1914). Au sein de cette institution, il prend rapidement un ascendant manifeste, pour devenir le fidèle second de Python. Il en assume la présidence en 1904 et 1911. Maître d’oeuvre pour ainsi dire du régime, c’est sous sa gouverne que sont menés les grands travaux de la « R épublique chrétienne ». Convaincu que l’essor économique et la modernisation du canton passent par un développement des transports et par l’exploitation des forces hydrauliques, c’est dans ces domaines que se concentre son activité politique. Il profite de la réorganisation des départements en 1902 pour moderniser la Direction des Travaux publics.

Son engagement dans le développement des transports s’inscrit dans la continuité de la politique menée par son prédécesseur Théraulaz. Dans un contexte financier plus difficile, il favorise dans un premier temps l’amélioration et la densification du réseau routier cantonal. C’est sous son mandat que sont menées les grandes réalisations touchant la capitale, telles que l’avenue de Pérolles, la route des Alpes ou que le pont de Pérolles est envisagé, au prix de tensions parfois fortes avec les autorités de la ville. Dans le domaine des chemins de fer, Cardinaux joue un rôle majeur dans le développement et la planification du réseau. Face aux multiples intérêts régionaux et à la prolifération des demandes de concessions, il impose ses vues en soutenant la ligne Fribourg–Morat–Anet (dont il était l’un des initiants avant même son élection au Conseil d’Etat), ainsi qu’en agençant et en développant l’électrification du réseau des chemins de fer gruériens.

Le développement des forces électriques est le second axe de son action politique. Cette question est d’autant plus cruciale que l’électricité doit assurer l’essor économique du canton et que ses apports financiers doivent garantir le financement de l’Université, coeur du régime pythonien. Les principales étapes sont la construction du complexe de Thusy–Hauterive (exploitation en 1902), la modernisation des installations de la Maigrauge et la construction de l’usine de l’Oelberg (exploitation en 1910). Au niveau cantonal, tous les efforts de Cardinaux en matière d’accroissement et de regroupement des forces hydro-électriques aboutissent en 1915, année suivant son décès, à la fondation des Entreprises électriques fribourgeoises
(EEF).

Son implication dépasse les seules attributions de sa Direction. Bras droit de Python, il oeuvre à l’édification de la République chrétienne et à la réalisation des visées de son chef. En 1913, Python et Cardinaux font l’objet d’une motion du député du Lac Emile Gross, citoyen de la capitale, dénonçant leurs abus, leurs agissements dans les scandales de la Banque de l’Etat et demandant leur démission. Louis Cardinaux siège également au Conseil des Etats (1898–1914), où il défend les intérêts du canton de Fribourg face aux velléités centralisatrices, en matière ferroviaire notamment. A l’armée, il est commandant du bataillon 14 de 1887 à 1895.

Il est très présent dans les Conseils d’administration des régies publiques ou des sociétés financées par des fonds publics : Caisse d’amortissement de la dette publique, Banque de l’Etat, Chemins de fer électriques de la Gruyère, Fribourg–Morat–Anet, Société de Navigation à vapeur sur les lacs de Neuchâtel et de Morat, dont il est le président du comité de direction.

Atteint par la maladie, Louis Cardinaux meurt le 11 mai 1914, à l’âge de 55 ans. Il est le second conseiller d’Etat à décéder dans l’exercice de ses fonctions, quelques semaines après Stanislas Aeby. Intervenant dans un contexte politique troublé, sa succession ouvre une lutte d’influence entre musystes et pythonistes. L’élection de Joseph Chuard provoque alors un basculement de la majorité du Gouvernement en faveur de Jean-Marie Musy.

Extrait de : "Le Conseil d’Etat fribourgeois : 1848-2011"

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