Née le 10 avril 1962 à Berne. Famille venue de France, originaire de Saignelégier (Jura) depuis 1803. Catholique. Le grand-père de Marie Garnier, psychiatre, s’établit dans le canton de Fribourg et épouse en deuxièmes noces Jeanne Pernet, de Romont. Son père est le docteur Bernard Garnier, médecin et privat-docent en médecine, colonel dans les troupes sanitaires, conseiller général et député radical de la ville de Fribourg. Il est engagé notamment dans la défense du patrimoine et le bilinguisme. Sa mère est Thérèse Jude, infirmière.

Marie Garnier, ancienne Conseillère d'Etat/alte Staatsrätin, (1962)
Marie Garnier, ancienne Conseillère d'Etat/alte Staatsrätin, (1962) © Tous droits réservés - © 2018 Etat de Fribourg
Marie Garnier (1962), Les Verts

Marie Garnier a eu pour compagnon Olivier Overney, fils de Clément Overney et de Lucette Dupasquier, petit-fils de Constant Overney (1901–1996), conseiller national conservateur (1955–1963), député (1951–1971) et syndic de Charmey (1958–1969). Celui-ci est décédé tragiquement le 17 février 2019.

Marie Garnier étudie à Fribourg : école primaire du Bourg, école secondaire à Sainte-Croix, maturité fédérale, latin-grec, en allemand à Saint-Michel (1981). Elle effectue un apprentissage agricole à Peney-le-Jorat (Vaud) et obtient un certificat de fin d’apprentissage (1982). Elle étudie (1982–1987) à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, en section d’économie rurale et obtient un diplôme d’ingénieure agronome. Elle est ensuite professeure assistante à l’Institut agricole de Grangeneuve (1988–1989), collaboratrice puis fondée de pouvoir pour la succursale du bureau Econat (1989–1996).

Elle est membre de nombreuses commissions, notamment de la Commission fédérale Nature et Paysage (1992-1998) et de la Commission cantonale pour la protection de l’environnement, la nature et le paysage (1995–2011). Elle dirige le centre Pro Natura de Champ-Pittet (1997–2011). Elle est l’auteure de nombreux rapports et brochures ayant trait à l’environnement. Elle s’est engagée dans les milieux de l’accueil extrascolaire. Elle est aussi monitrice Jeunesse et Sport en ski de fond, ski alpin et ski de randonnée.

Marie Garnier commence sa carrière politique au sein de l’Assemblée constituante (2000–2004) comme élue de la Liste Citoyenne. Elle est ensuite élue au Conseil communal de Villars-sur-Glâne en 2006, sur la liste socialiste (Les Verts n’ont alors pas de section locale). Elle est réélue en 2011 sur la liste verte. Elle est en charge du dicastère « Aménagement du territoire, routes, transports et environnement ».

Elle finalise la révision du plan d’aménagement local en garantissant des espaces verts, termine la réalisation des zones 30 km à l’heure, assainit une partie de l’éclairage public pour économiser l’énergie, se bat contre les surfaces commerciales qui gaspillent inutilement la terre agricole et fait plusieurs liaisons pédestres, dont une très appréciée qui relie l’espace Nuithonie au quartier de Beaumont à travers le parc de Cormanon.

Lors des élections au Conseil d’Etat de 2011, Marie Garnier figure sur une liste d’alliance de gauche (PS, PCS, Les Verts). Au premier tour de l’élection au Conseil d’Etat, elle obtient le sixième rang, se classant au troisième rang des colistiers de gauche, devant le socialiste Ganioz et le chrétien-social Nobs. Au second tour, Marie Garnier améliore encore son score et termine au cinquième rang. Marie Garnier hérite de la Direction des Institutions, de l’Agriculture et des Forêts.

En novembre 2016, elle est réélue au Conseil d'Etat au second tour.

La Direction de l’Agriculture, des Institutions et des Forêts reçoit, dans le programme de législature 2012-2016 la mission suivante : cultiver l’identité fribourgeoise et organiser le fonctionnement des institutions. Cela signifie : consolider notre vocation de canton-pont, élaborer et mettre en œuvre un concept et un partenariat pour l’image de Fribourg, encourager la compréhension entre les communautés linguistiques, renforcer la place des communes comme premier niveau des institutions cantonales, optimiser le fonctionnement des structures territoriales et définir le cadre général de gouvernance des entreprises publiques.

L’agriculture doit affronter des difficultés croissantes avec des pressions à la baisse des prix et la nécessité d’une modernisation toujours plus poussée ainsi que le respect de normes sanitaires et éthiques, sous l’œil de consommateurs exigeants. Le déplacement d’une partie de l’Agroscope à Posieux est un gros enjeu pour le canton. Les communes sont la cellule de base des institutions communales et leur rôle est à redéfinir dans une répartition des tâches avec la Confédération et le canton. Elles constituent un levier de pression au Grand Conseil, attentif aux transferts de charges. Elles ont de la peine à trouver des nouveaux édiles. Le rôle des forêts est unanimement reconnu : leur maintien et leur bonne santé sont un enjeu environnemental majeur dans le canton et en Suisse.

Marie Garnier convainc le Grand Conseil, en 2012, d’adopter la loi sur la protection des animaux. Elle fait également passer une fusion de communes entre Morat et Büchslen. Il en est de même, en 2013, pour la fusion entre Charmey et Cerniat. La même année, Marie Garnier obtient du Grand Conseil un crédit d’études en vue du déménagement d’Agroscope Alp-Haras du site de Berne-Liebefeld à Posieux. Cette affaire va se compliquer dans la mesure où d’autres cantons ne veulent pas laisser Fribourg avoir tout le gâteau.

L’année 2015 est celle d’un record de fusions de communes : Marie Garnier en défend onze avec succès au Grand Conseil. Elle fait passer la loi créant la Journée du Bilinguisme. La loi sur l’agriculture est modifiée, instituant un canton sans OGM, avec un moratoire jusqu’en 2017. La Directrice de la DIAF défend avec succès, toujours en 2015, un crédit de 65 millions de francs pour la construction d’un bâtiment de recherche sur le site de l’Agroscope à Posieux. Elle fait également passer la loi sur la médiation administrative.

Marie Garnier préside le gouvernement en 2016.

En 2016, elle défend un nouveau crédit (12 millions de francs) pour la construction, l’extension et la réaffectation de bâtiments à Grangeneuve. La loi sur l’encouragement des fusions de communes est modifiée, prévoyant un montant allant jusqu’à 17,8 millions de francs pour la fusion du Grand Fribourg.

Marie Garnier est réélue, au second tour, en 2016 avec les autres candidats de gauche. Elle reste à la tête de la DIAF.

Le programme gouvernemental 2017-2021 demande à toutes les directions de remplir trois objectifs :

  1. Fribourg s’impose comme un pôle économique et d’innovation.
  2. Fribourg renforce le centre cantonal.
  3. Fribourg fait la révolution 4.0.

La DIAF a deux objectifs spécifiques. Le premier est que Fribourg devienne le leader dans l’agroalimentaire. Le second est de développer les régions et les structures territoriales. La Directrice de la DIAF doit gérer le dossier de la fusion éventuelle du Grand Fribourg, celui des implications de la politique agricole fédérale 2018-2021 et de l’assainissement de la décharge de la Pila (depuis 2016).

En 2017, Marie Garnier fait passer au Grand Conseil une modification de la loi sur la pêche, de celle sur les préfets et de celle sur le droit de cité fribourgeois. En été 2017, en marge d’une situation conflictuelle au sein de la Préfecture de la Sarine, le Procureur général ouvre une action contre elle, en raison de soupçons de violation du secret de fonction. Ce soupçon sera la goutte de trop pour Marie Garnier. Usée par des vents politiques souvent contraires à ses idées, elle jette l’éponge en automne. A cette même période, le Procureur général obtient la levée de l’immunité parlementaire de Marie Garnier par le Grand Conseil. Il classe l’affaire le 23 octobre 2019.

Marie Garnier démissionne le 8 novembre 2017. Elle est remplacée le 30 avril 2018 par Didier Castella, qui reprend la DIAF.

Extrait de : "Le Conseil d'Etat fribourgeois : 1848-2011"

Actualités liées