Médecine de premier recours et soins médicaux de base : privilégier les solutions cantonales pour compléter les efforts entrepris au niveau national

5 Septembre 2008 -10h30

Lors de sa séance du 19 août 2008, le Conseil d'Etat a répondu au postulat des députés Christine Bulliard et Markus Bapst concernant la médecine de premier recours et les soins médicaux de base dans les régions périphériques.

Selon son analyse, le canton ne craint pas à court terme une pénurie d'offre médicale générale. Le Conseil d'Etat se montre néanmoins préoccupé par les projections qui prévoient à moyen terme un possible déséquilibre entre l'offre et les besoins de la population.

Répartition inégale dans les régions
L'offre médicale a augmenté de manière sensible dans le canton ces douze dernières années. Ainsi, entre 1995 et 2006, le canton de Fribourg a vu passer le nombre de médecins de premier recours de 137 à 207 (+51.1%), alors que la population résidante a augmenté de 14.6%. Globalement, la situation fribourgeoise n'est pas préoccupante à court terme. Sur le plan régional cependant, l'évolution n'a pas été égale partout, d'où une disparité conséquente de l'offre médicale d'un district à l'autre. Alors que le district de la Sarine a vu une forte croissance de médecins généralistes, pédiatres et internistes, pour atteindre une moyenne de 10.39 médecins de premier recours pour 10'000 habitants, le district de la Broye compte quasiment deux fois moins de médecins pour 10'000 d'habitants (5.45). Une diminution de quelques médecins dans un district à densité médicale réduite peut donc fortement influer sur l'offre régionale.
 
Divers éléments exercent un impact significatif sur l'évolution de la situation au niveau cantonal. D'une part, actuellement, près de la moitié des médecins de garde sont âgés de 55 ans et plus. Dans quelques années, ces médecins ne seront donc plus astreints au service de garde, puisque les personnes âgées de 60 ans et plus en sont dispensées. Puis, dans les 10 prochaines années, ces médecins partiront à la retraite. Le nombre de nouveaux venus ne suffira alors vraisemblablement plus à assurer la relève, ce qui, au surplus, augmentera encore la charge de travail liée au service de garde pour les médecins restants. D'autre part, le taux de féminisation de la profession de médecin est, dans le canton de Fribourg, plus élevé que la moyenne suisse. Les femmes étant plus nombreuses à travailler à temps partiel que les hommes, cette situation aura inévitablement une incidence sur l'offre.
 
Travailler sur des solutions spécifiques au canton et agir au niveau national
La qualité et l'efficience de la prise en charge médicale de la population fribourgeoise dépendent d'un système de médecin de famille performant. Aussi, à l'instar de la Confédération et d'autres cantons, le Conseil d'Etat soutient la médecine de premier recours. Il est d'avis qu'il faut, dans un premier temps, faire face aux problèmes les plus urgents, de manière concertée avec d'autres cantons. Sur le plan romand, le canton de Fribourg participe notamment à l'analyse de la possibilité de mise en place progressive d'un programme harmonisé de formation de médecins assistants dans des cabinets privés. Une solution qui devrait permettre d'agir sur la qualité et l'attractivité de la formation post-graduée des médecins de premier recours. Fribourg pourrait ainsi mettre à disposition deux postes de médecins assistants pour ce projet.
 
Des solutions spécifiques à Fribourg sont également en discussion, certaines ont déjà été mises en œuvre. La réorganisation des cercles de garde, qui sont passés de 13 cercles initiaux à 7, en est un exemple, de même que la nouvelle formule de service de garde et de permanence du district de la Singine. Ce dernier ne dispose plus que d'un seul cercle de garde et d'un seul numéro d'appel. Pour la prise en charge des patients,  le médecin de garde  travaille  en collaboration étroite avec l'hôpital  fribourgeois, site de Tavel. Une nouvelle formule en place depuis début 2007, peu coûteuse et qui fonctionne à la grande satisfaction des parties impliquées. Avec le soutien de l'Etat, des solutions similaires pourraient également être envisagées pour d'autres districts. Dans ce cadre, le Conseil d'Etat étudiera également la possibilité d'une participation aux frais de formation des médecins de premier recours.
 
D'autres pistes, notamment en matière d'incitations financières (par ex. subventionnement pour l'installation d'un cabinet) semblent prématurées et auraient pour incidence une inégalité de traitement avec d'autres professions médicales. 
 
Dossier de presse (communiqué et rapport)

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