La décharge de la Pila est située dans un méandre de la Sarine, en contrebas du plateau sur lequel se situe l'usine d'incinération de SAIDEF et en aval de l'usine hydroélectrique de Posieux. Son volume est estimé à 195'000 m3. Le site s'étend sur quelque 2 hectares. Les déchets sont stockés sur une épaisseur d'une dizaine à une vingtaine de mètres.

Investigations de la décharge de la Pila
Investigations de la décharge de la Pila © 2008 CSD - 2008 CSD

L'ancienne décharge de la Pila contient principalement des déchets urbains (ordures ménagères, déchets encombrants et déchets analogues produits par les entreprises) ainsi que des déchets de chantier. Des déchets artisanaux et industriels sont aussi présents. Les déchets ne sont pas répartis de façon homogène dans le corps de la décharge. De grandes variations de qualités de déchets sont constatées en fonction de l'emplacement ou de la profondeur.
 
Le corps de la décharge à l'extrémité nord-ouest du périmètre (hotspot) contient des concentrations particulièrement élevées en PCB.

Des investigations complémentaires sont en cours pour déterminer quelles variantes d'assainissement permettront d'atteindre un effet suffisant en termes de qualité des sédiments de la Sarine et de contamination consécutive des poissons et à quels coûts.

Pollution de la Sarine par les PCB

Les investigations effectuées sur la décharge de la Pila et sur les poissons de la Sarine ont montré que les substances les plus problématiques dans la Sarine sont les polychlorobiphényles (PCB). Apportés par la décharge de la Pila (nappe souterraine et ruissellement) puis transportés par le cours d’eau, principalement par charriage des sédiments, ces composés, possédant une toxicité élevée, se retrouvent dans des zones de dépôt sédimentaire où ils peuvent notamment contaminer tous les étages de la chaîne trophique par bioaccumulation. En effet, les PCB se retrouvent accumulés dans les tissus gras des organismes et peuvent dès lors se concentrer le long de la chaîne alimentaire.

La contamination de l’environnement par ces polluants persistants a bien diminué depuis leur interdiction en 1986, cependant des faibles teneurs se sont réparties dans tous les milieux aquatiques. Afin de quantifier le bruit de fond des PCB indicateurs dans les sédiments des cours d’eau de Suisse, l’Office fédéral de l’environnement a défini en 2010 un bruit de fond de 0.01 mg/kg.

Les différentes études réalisées dans la Sarine et ses affluents ont permis de démontrer l'influence de la décharge de la Pila dans la contamination par les PCB de la Sarine.

Différentes techniques de recherche ont été mises en place par le canton et la confédération. Des prélèvements ponctuels d’eau, de sédiments et d’invertébrés benthiques, ainsi que la pose de « capteurs passifs à PCB » ont notamment permis de préciser l’origine et l’étendue de la contamination sur les secteurs allant de l’amont de la décharge jusqu’à l’aval du Lac de Schiffenen. De plus, grâce à des investigations historiques effectuées sur les sédiments des lacs de Schiffenen et de Pérolles, l'évolution de la présence des contaminants a pu être suivie sur plus de 20 ans.

Enfin, les teneurs les plus importantes en PCB dans les sédiments, les eaux et la faune benthique ont été décelées à l’aval immédiat du site de la Pila et ce jusqu’à la confluence avec la Gérine. Des teneurs beaucoup plus faibles ont toutefois été retrouvées dans les sédiments du Lac de Schiffenen, témoignant de l’influence du transport des sédiments notamment lors des crues. De plus, des études complémentaires ont été réalisées sur différents rejets du bassin versant de la Sarine et n’ont pas mis en évidence d’autre source de PCB importante.

Des investigations complémentaires sont en cours pour déterminer quelles variantes d’assainissement permettront d’atteindre un effet suffisant en termes de qualité des sédiments de la Sarine et de contamination consécutive des poissons et à quels coûts.

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