Les milieux naturels victimes d'un développement important d'espèces exotiques ont souvent été soumis à une perturbation anthropique ou à une modification "naturelle" des conditions abiotiques. A long terme, il est fort probable que la lutte contre ces perturbations, afin de rétablir les conditions naturelles du milieu, soit bien plus efficace que les tentatives d'éradication des plantes elles-mêmes. Bien que cela ne soit généralement pas très facile, il est souvent plus judicieux de s'attaquer à la source, plutôt qu'aux conséquences du problème !

Néanmoins et à l'heure actuelle, diverses méthodes de lutte ont été testées. Les résultats sont très différents en fonction du mode de reproduction de l'espèce (végétatif, par dissémination, etc.) et des conditions naturelles du milieu concerné. Le choix de la méthode doit se baser sur divers critères, dont l'efficacité à court et à long terme, les effets indésirables éventuels sur la faune et la flore, ainsi que les conséquences possibles par rapport aux investissements en temps, argents et main d'oeuvre nécessaire.

  • Fauchage
  • Couverture d'une feuille plastique
  • Hachage des rhizomes
  • Arrachage manuel
  • Lutte chimique
  • Lutte biologique
Fauche

Généralement lors du fauchage, le nombre de pieds diminue sans pour autant atteindre l'extinction. Une fauche répétée plusieurs fois par année donne cependant des résultats plus probants. Il est par contre très difficile, voire même illusoire, de compter traiter de grande surfaces à l'aide de cette méthode.

Parallèlement, les endroits fauchés régulièrement voient la diversité et la quantité d'espèces indigènes augmenter.

 

Couverture d’une feuille plastique

Cette méthode peut être combinée avec la première. Suite à une fauche (vers le  début du mois de juin), les zones affectées par une prolifération de néophytes peuvent être recouvertes par du plastique noir imperméable au UV. Vous constaterez en automne, un assèchement des rhizomes, ce qui facilite considérablement leur arrachage.

Il est néanmoins recommandé d'ensemencer rapidement avec un mélange grainier d'espèces indigènes adaptées à la station, les surfaces ainsi mises à nu.

Cette méthode ne garantit cependant pas une éradication définitive, bien que le nombre et la diversité d'espèces indigènes soient fortement favorisés.

 

Hachage des rhizomes

La plupart des outils mécaniques utilisés (motoculteur, broyeur, etc.) coupent ou déracinent la plante et réussissent souvent à débarrasser l'habitat de la majorité des plantes envahissantes. Cependant, comme la majorité de ces espèces se propage par croissance végétative, à partir de fragments de rhizomes, cette méthode, qui laisse une grande quantité de fragments viables, entraîne souvent une nouvelle infestation du milieu traité, ou la contamination de nouveau site. De plus, utilisée sur de grande surface, cette méthode entraîne une perturbation très importante du milieu, dont les effets néfastes sur la faune et la flore dépassent souvent, l'impact même attribué à ces néophytes.

Lors de l'utilisation de cette méthode, plusieurs passages annuels sont nécessaires pour obtenir des résultats probants. Les surfaces doivent aussi être ensemencées rapidement.

 

Arrachage manuel

Lorsque l'invasion est très rapidement détectée, il est alors possible d'intervenir plus vite et d'arracher manuellement les premiers plants avant la montée en graine. En raison du coût important en main d'oeuvre nécessaire, cette méthode est applicable uniquement sur des superficies très restreintes.

 

Lutte chimique

Cette méthode consiste à épandre des herbicides chimiques sur les zones infestées. Cependant, en raison des effets à moyen et long terme de l'utilisation à grande échelle de produits chimiques (ou phytosanitaires), l'emploi de cette technique n'est recommandée que de façon sélective au pied par pied. En outre et en raison des conséquences possibles (contamination des eaux, disparition d'espèces indigènes, etc.), cette méthode ne doit pas être utilisée dans les réserves naturelles.

Néanmoins, une manière efficace de détruire certains arbres et arbustes consiste à les découper au ras du sol et à appliquer au pinceau un herbicide sur la souche. Cette méthode permet d'éviter la repousse des rejets et des racines et, lorsqu'ils sont appliqués avec soins et au moment opportun, les herbicides n'auront que très peu d'impact sur les espèces indigènes environnantes. Son usage dans des réserves naturelles doit cependant faire l'objet d'une autorisation.

 

Lutte biologique

Si une plante exotique peut devenir envahissante, c'est généralement qu'elle n'est pas confrontée à une régularisation naturelle, puisque aucun prédateur n'est présent dans la région envahie. L'introduction d'un insecte herbivore ou d'un organisme pathogène à "large spectre" peut permettre de limiter voire même d'affaiblir des populations de néophytes.

Cependant, des recherches récentes connaissent un succès inégal, avec parfois de nombreux échecs. Néanmoins, cette méthode constitue peut-être une solution intéressante de défense durable et économique contre certaines espèces envahissantes. De plus, la lutte biologique affecte beaucoup moins les régions naturelles que la lutte chimique ou mécanique. En règle générale, les agents biologiques n'exterminent pas la plante elle-même, mais tendent vers un équilibre écologique qui, idéalement, permettra de ramener les effets de l'espèce envahissante à un niveau acceptable.

 

Actualités liées