La collection du Musée d'art et d'histoire Fribourg

Le Musée d’art et d’histoire Fribourg collectionne principalement des œuvres d’art et des objets historiques en provenance du canton de ce nom, ou en rapport avec lui. Cette collection foncièrement autochtone renferme cependant quelques ensembles de valeur internationale : des boucles de ceinture du haut Moyen Age, le sépulcre pascal du couvent de la Maigrauge, les panneaux de retables peints de Hans Fries, la statuaire du gothique tardif, les tableaux et sculptures de Marcello et de ses amis (XIXe siècle), ou encore les œuvres des plasticiens Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle.

Scènes de la vie urbaine dans un canton rural

Exposition permanente
Scènes de la vie urbaine dans un canton rural
Musée d'art et d'histoire Fribourg

Le XIXe siècle connut de profonds changements politiques, économiques et culturels. Sous la Médiation napoléonienne Fribourg fut à deux reprises Vorort de la Suisse (1803,1809), puis il ne cessa de perdre en influence dans le système fédéral. Les tendances libérales n'y purent tenir tête que brièvement (1830-1837) aux forces conservatrices reconstituées sur les débris de l'Ancien Régime. Le radicalisme, arrivé au pouvoir après la défaite du Sonderbund, eut une carrière féconde, mais brève (1847-1856). Dans la seconde moitié du siècle, l'isolement de Fribourg s'aggrava. Les prémisses de l'industrialisation, qui resta timide en comparaison suisse, n'apparurent qu'après 1850.

 

Disette et misère entraînaient l'exode rural et l'émigration. Fribourg, parfois surnommée «capitale de la mendicité», ne disposait que d'une mince couche de possédants issus de la vieille aristocratie et du clergé, et ne sut guère élargir cette élite à la bourgeoisie industrielle et commerçante. Seule, pourtant, celle-ci était à même de promouvoir un mode de vie et un habitat épousant les tendances des capitales européennes.

 

Le salon demeurait un foyer de loisir et de culture, un lieu de représentation: on y recevait ses hôtes pour un concert de musique de chambre ou une lecture poétique. Cet espace privilégié, qu'on s'efforçait de mettre en scène comme une œuvre d'art totale, vit passer toutes les formes de l'époque, le classicisme des styles Directoire, Empire et Biedermeier faisant progressivement place au néo-gothique, au néo-rococo, à des combinaisons historisantes. La symétrie gouverna jusqu'après le milieu du siècle cet espace dominé par un grand lustre, rythmé par des consoles, des commodes, des miroirs, et offrant des sièges nombreux. L'ameublement se fit plus dense et plus riche. Les couleurs vigoureuses des murs jouaient avec une débauche de tentures, draperies, capitonnages, couvertures, coussins et tapis tendus enrichis de franges. Par-dessus tout cela, une maîtresse de maison dans le vent entassait force petits meubles, plantes en pot, bibelots et souvenirs.

 

Les intérieurs fribourgeois étaient généralement plus modestes, leur composition plus aléatoire. On s'accommodait des volumes existants, on réemployait des meubles de famille, on ne séparait pas trop nettement les fonctions. Les réaménagements complets, avec mobilier et œuvres d'art d'importation, tel le prestigieux salon Empire du manoir de Wallenried (1823-1824), demeuraient exceptionnels.

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