La collection du Musée d'art et d'histoire Fribourg

29 Octobre 2018 -16h30

Le Musée d’art et d’histoire Fribourg collectionne principalement des œuvres d’art et des objets historiques en provenance du canton de ce nom, ou en rapport avec lui. Cette collection foncièrement autochtone renferme cependant quelques ensembles de valeur internationale : des boucles de ceinture du haut Moyen Age, le sépulcre pascal du couvent de la Maigrauge, les panneaux de retables peints de Hans Fries, la statuaire du gothique tardif, les tableaux et sculptures de Marcello et de ses amis (XIXe siècle), ou encore les œuvres des plasticiens Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle.

L'art à Fribourg au XIXe et XXe siècle

Exposition permanente
L'art à Fribourg au XIXe et XXe siècle
au Musée d'art et d'histoire Fribourg

Sous le régime de Georges Python (voir p. 45), la fin du XIXe siècle fribourgeois est animée d’un certain esprit d’ouverture culturelle. En témoignent la création de l’Université (1889), celle du Technicum (1895), ou encore la commande, dès 1895, des nouveaux vitraux de la cathédrale, passée à Józef Mehoffer, un jeune artiste polonais inconnu jusqu’alors. Dans ce contexte de renouveau artistique s’inscrit également l’initiative du haut fonctionnaire Léon Genoud d’engager le peintre Ferdinand Hodler pour donner des cours de dessin hebdomadaires au Musée industriel. L’influence hodlérienne marqua durablement le style de nombreux peintres fribourgeois ; à preuve les paysages montagneux de Louis Vonlanthen, ou la frontalité monumentale des autoportraits d’Hiram Brülhart.

Des peintres venus d’ailleurs, comme le Français Bonnet, se sont installés à Fribourg, y ont enseigné, et se sont attachés à peindre la cité. Parmi les autochtones, citons Joseph Reichlen dont le parcours est représentatif de celui de bon nombre d’artistes fribourgeois : né dans le canton, Reichlen se forme à l’étranger – en Allemagne, en France et même en Italie – pour finalement revenir à Fribourg et y enseigner, comme tant de ses pairs, le dessin au collège Saint-Michel.
L’art fribourgeois du XXe siècle peut être qualifié d’éclectique. Il se décline dans la variation des styles et dans l’oscillement entre figuration et abstraction. Au chapitre de la figuration narrative, on peut signaler Ernest Riesemey dont le pinceau raconte les faces cachées, poétiques et douloureuses, de la vie d’un quartier populaire dans la première moitié du siècle ; ou encore Jean-Louis Tinguely et ses représentations du quotidien, au réalisme tendre et exacerbé. Durant la seconde partie du XXe siècle, la création artistique est dominée par l’abstraction qui se manifeste dans le ruissellement chromatique des coulures de Raymond Meuwly, la fougue gestuelle de Bruno Baeriswyl ou encore les compositions constructivistes du sculpteur Louis Angéloz. Au seuil du XXIe siècle, des artistes contemporains, peintres et sculpteurs, reflètent dans leurs œuvres l’expérience des grands centres et démontrent la richesse et la vitalité de l’art fribourgeois.

Jean Crotti, Femme au turban à la rose, 1914
Jean Crotti, Femme au turban à la rose, 1914 © Tous droits réservés
Jean Crotti, Femme au turban à la rose, 1914
Joseph Reichlen, Kränzle, 1886

Joseph Reichlen, Kränzle, 1886 – Huile sur toile. « Kränzle » désigne la coiffe portée par la jeune fille, à l’origine réservée aux femmes non mariées qui l’arboraient lors de fêtes et de leur mariage. Le premier titre de l’œuvre, « Kirchgang », indique que les deux femmes sont sur le chemin de l’église. Joseph Reichlen mêle ici l’illustration de la pratique religieuse à une représentation allégorique des âges de la vie.

Bruno Baeriswyl, Composition, 1990

Bruno Baeriswyl, Composition, 1990 – Technique mixte. Au début de sa carrière, autour de 1960, le Fribourgeois Bruno Baeriswyl invente une technique mêlant peinture et cendres. De façon mystérieuse, les cendres évoquent pour lui le foyer, la nature et les traces laissées par l’homme. Trente ans plus tard, il reprend cette technique en la renouvelant par une gestuelle fougueuse et l’utilisation subtile du fond blanc.

Ernest Riesemey, Le vendeur de billet de la Loterie Romande, 1962 (?)

Ernest Riesemey, Le vendeur de billet de la Loterie Romande, 1962 (?) – Huile sur bois croisé. Le peintre autodidacte et laitier Riesemey vivait et travaillait en Basse-Ville de Fribourg. Il recrutait la plupart de ses modèles parmi les gens simples de son quartier. A plusieurs reprises, il portraitura des vendeurs de billet de loterie. Sur un fond bun fond brun-orange se détache ici la silhouette d’un homme au sourire malicieux qui annonce un prochain tirage prometteur.

Anton Schmidt, Fribourg, la Ville Basse, vers 1917

Anton Schmidt, Fribourg, la Ville Basse, vers 1917 – Huile sur toile. Après une formation de peintre au Technicum de Fribourg, Schmidt s’inscrit à l’Ecole des beaux-arts de Paris où il subit l’influence des Impressionnistes et des Fauves. Il rentre à Fribourg en 1917. Sa vue inédite et audacieuse sur la vieille ville de Fribourg démontre la force et le talent d’un jeune artiste qui mourra prématurément de tuberculose en 1920.

François Bonnet, Procession de la Fête Dieu, 2ème moitié du XIXe siècle

François Bonnet, Procession de la Fête-Dieu, 2e moitié du XIXe siècle – Huile sur toile. Le peintre français Bonnet enseigna pendant près de trente ans le dessin au collège Saint-Michel. Fribourg étant ainsi devenue sa cité d’adoption, il la peignit et dessina de très nombreuses fois. Cette œuvre témoigne de l’intérêt de l’artiste pour les traditions religieuses de la ville, telle la grandiose procession de la Fête-Dieu arrivant à la cathédrale Saint-Nicolas.

Joseph Reichlen, Kränzle, 1886
Bruno Baeriswyl, Composition, 1990
Ernest Riesemey, Le vendeur de billet de la Loterie Romande, 1962 (?)
Anton Schmidt, Fribourg, la Ville Basse, vers 1917
François Bonnet, Procession de la Fête Dieu, 2ème moitié du XIXe siècle

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