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La collection du Musée d'art et d'histoire Fribourg

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Le Musée d’art et d’histoire Fribourg collectionne principalement des œuvres d’art et des objets historiques en provenance du canton de ce nom, ou en rapport avec lui. Cette collection foncièrement autochtone renferme cependant quelques ensembles de valeur internationale : des boucles de ceinture du haut Moyen Age, le sépulcre pascal du couvent de la Maigrauge, les panneaux de retables peints de Hans Fries, la statuaire du gothique tardif, les tableaux et sculptures de Marcello et de ses amis (XIXe siècle), ou encore les œuvres des plasticiens Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle.

Sculpture sur pierre, médiévale et baroque

Exposition permanente
Sculpture sur pierre, médiévale et baroque
au Musée d'art et d'histoire Fribourg

Le Moyen Age et l’époque moderne à ses débuts ont littéralement peuplé de statues l’espace public, les rues et les places, les églises et les bâtiments officiels. Exposées en plein air, ou intégrées à l’architecture interne des édifices, ces œuvres étaient généralement taillées dans la pierre. A Fribourg, avec la molasse, les sculpteurs disposaient d’un matériau plaisant, relativement tendre et de ce fait assez facile à travailler. Revers de la médaille : les œuvres réalisées en ce temps-là se sont révélées, au XXe siècle, très vulnérables à la pollution de l’air et aux pluies acides ; ce d’autant plus que, pour des raisons de goût, on les avait déjà privées de leur polychromie originelle, qui les protégeait. Dès lors, les conservateurs des monuments ont fait remplacer par des copies, sur leurs sites, les plus importantes des pièces qui nous étaient parvenues ; et les originaux prirent place au Musée. On procéda pareillement pour les objets taillés dans la pierre calcaire de Neuchâtel.

Le Lapidaire (lieu où l’on expose la sculpture sur pierre) est aménagé dans l’ancien abattoir et trois pièces contigües. La grande salle, des plus impressionnantes, est déterminée par le mur du fond, légèrement incurvé. Son aspect archaïque – des moellons de tuf irréguliers – signale qu’il s’agit en fait d’un rempart de la ville, un élément de la troisième enceinte occidentale élevé au XIIIe siècle. D’entrée, le regard du visiteur est capté par le monumental groupe sculpté du porche de la cathédrale, représentant les douze apôtres et l’Annonciation. Pour le surplus, la thématique religieuse est explicite : crucifix de Châbles, trône de grâce provenant d’une porte de la ville et figures de saints. On admire à leurs côtés la dalle funéraire du chevalier Jean de Düdingen et la série grandiose des fontaines du XVIe siècle. Ces pièces-là n’étaient pas dépourvues de fonctions religieuses; au cœur de la vie quotidienne, elles faisaient songer à l’au-delà. Elles rappelaient aussi à la vraie foi, car Fribourg avait maintenu le catholicisme  au temps de la Réformation ; mais Hans Gieng, auteur de la plupart de ces statues, travailla également pour la cité protestante de Berne, où il créa une impressionnante série de fontaines. L’enjeu religieux transparaît jusque dans le « Retable des petites bêtes », une œuvre contemporaine de Jean Tinguely.

Hans Gieng, Fontaine de la Samaritaine, 1550/1551

Hans Gieng, Fontaine de la Samaritaine, 1550/1551 – Calcaire de Neuchâtel, avec traces de polychromie. Jésus parle de la vie éternelle à une femme de Samarie. C’est d’une manière extrêmement personnelle que Gieng a représenté, en la sculptant pour une fontaine de la Basse-Ville de Fribourg, cette scène que la Bible situe au puits de Jacob. Et il a donné les formes gracieuses de la Renaissance à la fontaine biblique, ornement d’une fontaine bien réelle.

Inconnu, Crucifixion de Villars-les-Moines, vers 1050

Inconnu, Cruxifixion de Villars-les-Moines, vers 1050 – Calcaire. On s’interroge sur la destination originelle de ce relief, la plus ancienne sculpture médiévale de la collection du Musée. La pièce semble avoir été réemployée vers 1100 comme chapiteau dans le prieuré clunisien de Villars-les-Moines. La crucifixion donne une impression de modernité, alors que les bordures encadrant les personnages évoquent l’art des enlumineurs.

Inconnu, Dalle funéraire de Jean Düdingen, 1330/1335

Inconnu, Dalle funéraire de Jean de Düdingen, 1330-1335 – Molasse. Cette pierre tombale se trouvait à l’origine dans une niche (enfeu) de la salle capitulaire du couvent des Augustins, à Fribourg. Le défunt représenté est le chevalier Jean de Düdingen, dit Velga. Il est en armes, comme un Croisé, pour signaler son appartenance à la noblesse. En prière, les yeux ouverts, il attend sa résurrection dans l’éternité.

Inconnu, Trône de grâce, vers 1330

Inconnu, Trône de grâce, vers 1330 – Molasse, polychromée. Dieu le Père accueille son fils mort sur la croix. Avec la colombe du Saint-Esprit (absente ici), la figure dite du trône de grâce est une représentation typique de la Trinité. Cette sculpture orna jusqu’en 1856 la Porte de Romont, à Fribourg, mais elle avait été créée pour une autre destination, peut-être la Porte de Jaquemart, qui fermait la rue de Lausanne.

Inconnu, Sépulcre pascal du couvent de la Maigrauge, vers 1350

Inconnu, Sépulcre pascal du couvent de la Maigrauge, vers 1350 – Tempera sur bois d’épicéa, saule. L’évocation de la Passion du Christ, dans ce chef d’œuvre de l’art médiéval en Suisse, reste saisissante. Jusque dans les années 1970 ce sépulcre, contenant le corps statufié de Jésus, se trouvait à l’abbaye cistercienne de la Maigrauge. Les monastères féminins, au XIVe siècle, privilégiaient des formes de piété sensible, jusqu’à rejouer la mise au tombeau du Christ.

Jean Tinguely, Retable des petites bêtes, 1989

Jean Tinguely, Retable des petites bêtes, 1989 – Fer, bois, os, pierre, moteurs électriques. Tinguely créa cette œuvre pour une paroi de l’ancien abattoir, à l’endroit où l’on hissait les carcasses des bêtes tuées. Quand les volets du retable se mettent en mouvement, leurs plaintes et leurs grincements font écho aux bruits de ce temps-là. Divers éléments de la composition, une commande du gouvernement cantonal, font allusion à la ville de Fribourg.

Hans Geiler, Fontaine Saint-Georges, 1524/1525

Hans Geiler, Fontaine de Saint-Georges, 1524/1525 – Marbre de St-Triphon, métal. Les attributions de sculptures fribourgeoises au maître Geiler sont nombreuses, mais deux seulement ont été conservées qui ne font pas discussion. Il s’agit d’un petit lion, placé sur la chaire de Saint-Nicolas, et de ce saint Georges terrassant le dragon pour sauver une princesse. Originellement, la statue ornait la fontaine érigée devant l’hôtel de ville.

Hans Gieng, Fontaine de la Samaritaine, 1550/1551
Inconnu, Crucifixion de Villars-les-Moines, vers 1050
Inconnu, Dalle funéraire de Jean Düdingen, 1330/1335
Inconnu, Trône de grâce, vers 1330
Inconnu, Sépulcre pascal du couvent de la Maigrauge, vers 1350
Jean Tinguely, Retable des petites bêtes, 1989
Hans Geiler, Fontaine Saint-Georges, 1524/1525

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