La collection du Musée d'art et d'histoire Fribourg

29 Octobre 2018 -16h30

Le Musée d’art et d’histoire Fribourg collectionne principalement des œuvres d’art et des objets historiques en provenance du canton de ce nom, ou en rapport avec lui. Cette collection foncièrement autochtone renferme cependant quelques ensembles de valeur internationale : des boucles de ceinture du haut Moyen Age, le sépulcre pascal du couvent de la Maigrauge, les panneaux de retables peints de Hans Fries, la statuaire du gothique tardif, les tableaux et sculptures de Marcello et de ses amis (XIXe siècle), ou encore les œuvres des plasticiens Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle.

Artisans et corporations

Exposition permanente: Artisans et corporations au Musée d'art et d'histoire Fribourg

La réalité économique évoquée dans cette salle, avec les corporations de métiers qui l'encadraient, c'est le versant urbain de la production fribourgeoise d'Ancien Régime; et c'est un aspect relativement secondaire de celle-ci, qu'illustraient surtout les produits de l'agriculture et de l'élevage, à commencer par le gruyère, premier article d'exportation.

 

Entre 1500 et 1800, l'activité des artisans et des rares manufacturiers de la ville est en effet presque entièrement tournée vers le marché intérieur, et vers la satisfaction des besoins fondamentaux: se loger, se nourrir, se vêtir. Avec un peu d'outillage – des faux, des armes – et ce qu'il faut pour alimenter la piété des Fribourgeois (livres édifiants, vases sacrés, cierges, images), voilà le gros de la production. Le temps est loin où la ville avait édifié, sur le socle d'une solide industrie du cuir, un complexe lainier de belle réputation; autour de 1450, ses tisserands et drapiers vendaient encore leurs produits jusque dans les comptoirs d'Orient! A partir de 1500 le service militaire étranger, d'un gain hasardeux mais plus attractif, tend à devenir la première occupation des Fribourgeois que ne retiennent pas les travaux de la ferme ou du chalet.

 

Les citadins qui ont un métier l'exercent donc dans le cadre d'une corporation («abbaye»): celle-ci réglemente l'accès à la formation et à la pratique du métier, les normes de qualité, les tarifs et les prix, la concurrence… Mais elle ne constitue pas seulement une association professionnelle regroupant maîtres, compagnons et apprentis.

 

La corporation est aussi une confrérie religieuse, placée sous la protection d'un patron céleste: saint Eloi pour les forgerons, saint Théodule pour les maçons, etc. Chaque abbaye entretient un autel à la collégiale ou dans une église conventuelle (Franciscains, Augustins); elle offre des messes et des prières pour ses membres, et participe aux cérémonies en grand apparat, avec ses monumentales torchères processionnelles (plusieurs exemplaires sont exposés dans la salle 19). Enfin, la corporation est une organisation militaire («Reisgesellschaft»), qui doit fournir à la cité un contingent d'hommes armés et équipés pour faire campagne.

 

Les corporations n'ont jamais, à Fribourg, joué le rôle politique important qu'on leur connaît à Bâle ou à Zurich. Leur souvenir est cependant demeuré vivace, et plusieurs ont maintenu jusqu'à nos jours leur existence et leurs traditions.

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Couperet de boucher, 1806 Des siècles durant, la viande fut – avec le pain – la base de l'alimentation, mais les bouchers livraient d'autres produits indispensables: des peaux, du suif, de la corne… A Fribourg, les animaux étaient tués dans un abattoir communal, et la viande vendue sur un marché central spécialisé. Le nom de la rue des Bouchers fait souvenir, aujourd'hui, de leur emplacement.

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Coupe d'étain, 1582 Adam Wuilleret, le père du peintre Pierre Wuilleret, arrivé à Fribourg en 1576, fut admis à l'abbaye des maréchaux comme potier d'étain. C'est en 1582 qu'il créa cette coupe, un objet d'apparat, sur mandat de l'édile et du Werkmeister – le directeur des travaux publics de la ville –, sans doute pour l'abbaye des maçons ou celle des charpentiers.

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Assiettes aux armes de la famille Kuenlin,                                              Autrefois, tandis que les gens simples se servaient d'une vaisselle de terre cuite, les riches mangeaient dans de l'étain. Vers 1750 ces ménages fortunés se mirent à la faïence, une céramique fine, souvent peinte, qui rencontrait le goût élégant de l'époque. Nos assiettes appartiennent à un grand service, produit par une manufacture fribourgeoise.

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Armoire de l'abbaye des chamoiseurs, 1758 Bois de noyer Dans une armoire pouvant se fermer, l'abbaye conservait la liste de ses membres; cette feuille, amovible, était tenue à jour. L'armoire est sommée d'une lunette à l'effigie du Sauvage, emblème corporatif des chamoiseurs. Il tient dans une main une massue, l'autre portant les armes de l'abbaye (deux écharnoirs croisés).

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Drapeau de l'abbaye des maréchaux, vers 1550 Hans Schäufelin le Jeune ? Lin, détrempe La plus ancienne bannière corporative conservée à Fribourg. Les emblèmes de l'abbaye – le marteau, le serpent couronné et la pince avec son fer brûlant – sont peints sur un fond bleu semé d'étoiles. Ce drapeau pourrait avoir été créé par Hans Schäufelin le Jeune, qui fut peintre de ville à Fribourg de 1542 à 1564/1565.

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Plaque de l'abbaye des cordonniers, vers 1760 Jacques-David Müller Argent A Fribourg aussi les abbayes avaient leur huissier, ou servant. Dans les grandes occasions, il portait un manteau de cérémonie auquel était fixée une plaque de métal portant les armes de la corporation, ou l'effigie de son saint protecteur. Sur la plaque des cordonniers, œuvre de Jacques-David Müller, sont ainsi représentés les saints Crépin et Crépinien.

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