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Schizophrénie : " On a tous un côté décalé " à Fribourg aussi

Le canton de Fribourg participe aux 15èmes Journées de la schizophrénie, qui se tiennent entre le 17 et le 24 mars prochain en Suisse et dans plusieurs pays. Le comité fribourgeois, regroupant acteurs institutionnels et associatifs ainsi qu'une personne concernée ont fait le point sur la prise en charge et présenté le programme qui s'adresse aussi bien aux professionnel-e-s qu'au grand public.

L'objectif des Journées de la schizophrénie est de sensibiliser le grand public à cette maladie psychique qui, aujourd'hui encore, est victime de nombreux préjugés. Car il s'agit d'une maladie complexe, dont les symptômes sont multiples et diffèrent selon la personne touchée.

Eviter l'isolement
La schizophrénie, première cause d'attribution de rentes AI pour cause psychiatrique, se manifeste généralement au début de l'âge adulte et touche 1 personne sur 100. En raison de leurs symptômes - qualifiés souvent de " bizarres " ou " étranges " -, les personnes souffrant de schizophrénie s'isolent et se mettent en marge de la société.
Quels besoins pour les personnes concernées par la maladie ? Pour Blaise Rochat, atteint de schizophrénie, il est primordial d'éviter l'isolement : " Quand j'avais des délires et des hallucinations, ce qui m'a le plus aidé, c'est quand des personnes sont parvenues à maintenir une relation avec moi. "

Invalidité et intégration
La schizophrénie se soigne et on peut vivre avec, elle nécessite toutefois un accompagnement à la fois médical, psychothérapeutique et social. Les patients sont parfois hospitalisés jusqu'à la stabilisation de leur état, puis pris en charge de manière ambulatoire, avec des interventions dans les lieux de vie ou encore en hôpital de jour.
L'insertion socio-professionnelle des personnes touchées par la schizophrénie est possible. Elle améliore la qualité de vie (statut social, action positive sur les symptômes de la maladie, diminution des risques de rechute, augmentation de l'estime de soi). Elle peut toutefois également générer des difficultés (stress à l'embauche, gestion simultanée du travail et des symptômes).

A l'Office d'assurance invalidité du canton de Fribourg (OAI), entre 2007 et 2017, on compte 666 personnes qui sont annoncées avec un diagnostic de schizophrénie1. Parmi ces personnes, 488 reçoivent une rente entière, 11 avec ¼ de rente, 23 avec ½ rente, 13 avec ¾ rente et 131 ne reçoivent pas de rente. 972 mesures, principalement des mesures de réinsertion mais aussi des formations et du placement ont été mises en place.

Pour accompagner l'intégration au quotidien, les professionnel-e-s du Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) relèvent la nécessité de mettre en place un réseau d'aide spécifique, avec une collaboration entre les médecins privés, les acteurs institutionnels et associatifs, les proches et également les pairs.

Le programme des 15èmes Journées de la schizophrénie
Cette année, les Journées de la Schizophrénie élargissent leurs horizons. Outre les formations, conférences et stands d'information proposés au public et aux professionnel-le-s, ces 15èmes Journées s'invitent dans la culture et le sport. L'objectif ? Parler autrement de la maladie. Ainsi, une conférence à deux voix démystifiera la schizophrénie à l'Université de Fribourg ; à Bulle, le public se déhanchera lors d'une " Silent Disco ", tout en testant ses connaissances sur la maladie et une soirée de lecture de textes écrits par des personnes souffrant de cette maladie aura lieu au Centre d'animation socioculturelle du Jura, à Fribourg.

Les députées et députés du Grand Conseil fribourgeois pourront s'essayer à un quiz, tandis que, dans différentes écoles du canton, les futurs professionnels de la santé et du social recevront informations et formations.

Programme complet des 15es Journées de la Schizophrénie et de nouveaux services d'information et d'orientation sur www.schizinfo.com et sur la page Facebook www.facebook/schizinfo .
Expérience interactive de la maladie avec " Un repas de famille " www.schizinfo.com/experience

1Ce chiffre tient compte des personnes ayant reçu le seul diagnostic de schizophrénie et n'inclut pas celles qui ont plusieurs troubles psychiatriques