La fréquentation de l’école obligatoire est un droit et un devoir pour tout enfant vivant en Suisse, peu importe son origine ou son statut. Lorsque les enfants se trouvent dans des centres fédéraux d’asile ou des centres d’hébergement cantonaux, la situation est cependant plus complexe. Pour certaines familles, les exigences et l’organisation de l’école fribourgeoise présentent des différences d’ordre culturel. D’autres peuvent avoir besoin de temps pour s’adapter à ce cadre. D’autres encore proviennent de zones de guerre ou de régions instables sur le plan géopolitique. Elles peuvent alors éprouver des difficultés à confier leur enfant à l’école, notamment à cause de la peur liée à la séparation ou de l’anxiété concernant la sécurité découlant d’un passé traumatisant. L’incertitude quant à la durée du processus d’asile peut aussi être déstabilisant pour les familles.
Le choix de la préscolarisation
La période de préscolarisation a pour objectif d’évaluer la situation globale des enfants sur le plan de la scolarité et de la santé. Mise en place dans les foyers d’hébergement, elle permet aux enfants d’acquérir les connaissances linguistiques et mathématiques de base, les codes scolaires (« le métier d’élève »), et de se préparer au programme scolaire. Cela est d’autant plus nécessaire que certains enfants n’ont jamais ou peu été scolarisés. Chaque enfant est ainsi suivi et pris en charge en tenant compte de sa santé, de son parcours, de sa cellule familiale et de son niveau scolaire. Cette phase de préscolarisation est précieuse car elle prépare progressivement les enfants et leurs parents au fonctionnement institutionnel de l’école ordinaire.Le corps enseignant est formé à l’accompagnement des enfants issus de la migration. Il est en mesure de mettre en place une pédagogie adaptée et bienveillante, s’assurant que chaque enfant puisse se fixer des objectifs.
Eviter un mouvement perpétuel d’arrivées et de départs à l’école du village
Les communes où se trouvent les centres d’hébergement ne seraient pas en mesure d’accueillir dans leurs écoles tous les enfants séjournant quelques semaines ou quelques mois sur leur territoire. Il y aurait un mouvement perpétuel d’arrivées et de départs d’enfants qui ne serait ni propice aux apprentissages, ni à l’intégration des enfants. La plupart des écoles ne seraient pas à même d’accueillir 10, 15 voire 20 enfants en l’espace d’une semaine ou d’un mois. A titre d’exemple, au cours des 3 premiers mois de séjour, 43 % (district de la Gruyère) à 48 % (centre des Grand-Places de Fribourg) des élèves quittent le territoire cantonal (que cela soit en raison d’un départ de la Suisse, d’une attribution par le SEM à un autre canton ou d’une disparition).
Une organisation qui s’adapte régulièrement
L’organisation de la scolarisation des enfants relevant du domaine de l’asile est soumise aux fluctuations du nombre d’arrivées et doit pouvoir s’adapter rapidement. La Commission cantonale de la scolarisation et de l’intégration des enfants de personnes migrantes (CCSIEM) a constitué un groupe de travail pour évaluer l’organisation et le fonctionnement des classes de préscolarisation au sein des foyers d’hébergement. Des recommandations seront, le cas échéant, rendues et présentées au Conseil d’Etat.
Les différents types d’accueil
Les personnes qui déposent une demande d’asile en Suisse sont d’abord hébergées dans un Centre fédéral. Celles qui sont amenées à rester en Suisse sont ensuite réparties entre les cantons. A Fribourg, c’est la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS) qui est responsable de l’accueil dans ce domaine. Dans une première phase d’intégration, les personnes relevant de l’asile séjournent dans des hébergements collectifs gérés par ORS. Les enfants en âge de scolarité obligatoire y suivent une préscolarisation ad hoc. Cette étape dure de 3 à 6 mois. Elle vise à faciliter l’entrée des enfants dans le système scolaire fribourgeois. Dès lors que les familles quittent le centre d’hébergement cantonal, leurs enfants sont scolarisés à l’école ordinaire de leur lieu de domicile.
Au niveau cantonal, ORS gère l’organisation et la mise en place de la préscolarisation alors que la DFAC assure la surveillance du bon déroulement de l’enseignement (enfants répartis selon l’âge, moyens d’enseignement, etc.).
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